Gérald Durrell

Ma famille et autres animaux (2014)

 

 Cet ouvrage est un vrai plaisir pour la détente et le dépaysement du lecteur assidu ! A chaque page ou presque, il y trouvera le sourire, parfois même un rire franc et massif ! Il s’agit du récit d’un voyage en Grèce, vu par un jeune biologiste en herbe. L’auteur a remarquablement campé l’enfant qu’il était à une période de sa vie, en peignant les évènements à la lueur de cette vision innocente et simplissime qu’ont les enfants sur l’ordinaire des jours. C’est essentiellement cet aspect du récit qui lui apporte ce relief de dérision ; la réalité telle qu’on se la représente ici est souvent plus rude et fréquemment moins amusante ! 

Eric Vuillard

 L’ordre du jour (Goncourt 2017) 

 

Si on s’en tient strictement aux faits historiques, les évènements relatés sont connus de tous ceux qui s’y sont intéressés. Il n’y a donc pas de nouveauté dans le témoignage : il s’agit d’un récit de guerre, pas d’un roman. En revanche, le style et le ton employés pour raconter sont, à mon sens, une prouesse de dérision pour évoquer le cynisme, de désinvolture pour évoquer l’insupportable soumission. Et puis, la fin du livre approche et avec elle cette ombre qui plane de toute éternité : l’instinct de domination de l’homme peut faire de lui la plus abjecte des créatures : nous sommes de cette humanité, alors  pas de culpabilité, mais de la conscience : ce sera peut être plus constructif.

Emmanuel Dongala

 

La sonate à Bridgetower  (2017) 

 

On connait la sonate à Kreutzer composée par Beethoven en hommage au violoniste tombé dans l’oubli… mais à l’origine, cette pièce fut inspirée à son auteur par le violoniste Bridgetower. Pour le plus grand plaisir du lecteur, voici l’enfance de ce musicien noir, oublié aujourd’hui mais repéré en son temps et finalement adulé par les mélomanes. L’époque parcourue dans ces pages aborde, outre les difficultés liées à l’esclavage et aux institutions qui veulent l’abolir, la révolution française avec sa multitude d’affrontements et de violences qui incitent le violoniste et son père à fuir en Angleterre. Evoluant dans le milieu musical international, Bridgetower connait un réel succès, voyage et rencontre Beethoven avec lequel il connaitra les liens d’une grande amitié. En témoignage de son admiration le célèbre musicien compose pour lui une sonate pour violon ; pourtant, à la suite d’une dispute et sous le coup d’une colère violente, le maître offusqué dédie cette sonate à un autre violoniste, du nom de Kreutzer…