Gilles Martin-Chauffier

La femme qui dit non (2014) 

 

Résistance, délation, dissidence et engagement sont le thème de cet ouvrage avec pour fil conducteur, une histoire romanesque souvent périlleuse. Il s’agit d’un roman facile et rapide à lire qui recouvre pourtant une période assez tumultueuse et chargée, puisqu’il y est essentiellement question de la seconde guerre mondiale. Une jeune fille se marie à un jeune homme rapidement nommé sous les drapeaux et prend un amant. Pendant l’absence de son époux, elle met au monde un enfant adultérin et le fait reconnaître comme légitime. L’ouvrage prend fin après la guerre, au mariage de cet enfant quelques années plus tard et dans la révélation de paternité. Le titre résume exactement la personnalité de cette femme.

Victoria Mas

Le bal des folles (2019)

 

L’ouvrage est assez instructif, passablement édifiant sur les convenances sociales au XIX° siècle en France et à mon sens, très émouvant. Le thème porte essentiellement sur la condition de la femme, parfaitement méprisée et le plus souvent consciemment évincée. Un machisme millénaire en est peut-être à l’origine, mais le sens commun de cette époque semble être celui de l’acharnement contre la gente féminine. Le lecteur perçoit ici avec une dureté implacable, que la femme est obligée de se battre pour exister. Nombre d’entre elles se sont manifestées d’ailleurs en ces temps, par la création d’associations féministes simplement pour obtenir une reconnaissance et un statut. Le côté romanesque de l’exposé tient au descriptif du service du Dr. Charcot, à l’hôpital de La Salpetrière et à l’irruption en son sein, d’une jeune femme de forte personnalité et douée d’une faculté qui lui permet de s’entretenir avec les morts. 

 

Florent Oiseau

Les Magnolias  (2020)

 

Un jeune homme s’est détourné de sa famille. A part une grande amitié pour un copain de son âge, aucun intérêt ne gouverne réellement sa vie si ce n’est l’affection qui le lie à sa grand-mère installée en maison de retraite ; un rayon de soleil va fournir au lecteur une dimension forte qui donne sens à cette « parabole ». Le milieu des protagonistes est misérable ou douloureux, mais sans jamais un mot triste ou une attitude défaitiste. L’auteur y introduit même un humour certain, plutôt noir, percutant, acerbe, sans aucune toxicité. L’esprit n’est pas agressif, dépourvu de toute méchanceté, rempli de compassion et d’une véritable émotion. Si l’environnement culturel est pauvre, les sentiments décrits restent nobles et quand l’intellect a souffert de frustrations importantes, l’esprit de chacun demeure sain. L’écriture est rapide, claire, syncopée : le lecteur se régale d’un texte séduisant. J’ai trouvé ce livre original, assez inhabituel, agréablement écrit, excellent !