Jacqueline de Romilly

  Jeanne  (2011)

 

De cet femme, helléniste fameuse et académicienne de surcroît, le lecteur est en droit         d’attendre l’excellence. Sous une plume délicieusement poétique, J. de Romilly nous livre avec grande élégance l’émotion que lui laisse le souvenir de sa mère. D’autres écrivains avant elle se sont livrés à l’exercice, mais ici la dimension d’une tendresse admirative en donne un relief très attachant. Pas un soupçon d’impudeur mais un infini respect et un amour immense doublé de l’indulgence qui l’accompagne, donnent à cet ouvrage une qualité, à mon sens, totalement bienvenue…

                          

Rosella Postorino

La goûteuse d'Hitler (2019)

 

Cet ouvrage est une magnifique interprétation tirée d’éléments vécus à partir de faits établis durant l’année 1943. Il ouvre un volet qui met en lumière des détails précis et souvent mal connus sur le comportement des SS, du führer et des opposants au régime nazi. L’auteur a voulu retracer le parcours d’allemandes employées à goûter la nourriture que l’on servait à Hitler. Il vivait alors retranché dans un abri souterrain « la tanière du loup » et dans la psychose de l’empoisonnement. Recrutées sans autre enquête que leur appartenance au peuple germanique et contraintes par la tristement célèbre discipline nazie, les goûteuses sont une dizaine de jeunes femmes obligées d’attendre la digestion des mets pour en avoir les éventuelles conséquences. L’une d’entre elles, secrètement opposée au nazisme, aura une relation particulière avec un des surveillants qui finira par l’aider à rejoindre Berlin. C’est le seul éclairage qu’il sera permis d’avoir sur les faits.

 

 

Laetitia Colombani

 

Les victorieuses  (2019)

 

 Le titre choisi évoque les femmes courageuses, qui offrent leur propre victoire aux nécessiteux. Ces pages, intéressantes et bien écrites, traitent des origines de l’Armée du Salut et établit en parallèle pour l’intérêt du lecteur, le trait actuel et romanesque d’une vie d’aujourd’hui. Au début du XX° siècle, après de considérables difficultés, un bâtiment est aménagé pour recevoir les déshéritées de la ville. Il existe fort heureusement quelques personnalités comme Blanche Peyron, pour aller au bout de leurs convictions et se donner les moyens de parvenir à l’excellence. On a déjà rencontré ce genre de femme, suffisamment généreuse, altruiste, déterminée et volontaire pour franchir parfois les limites sociales du raisonnable… les bien-pensants n’approuvent pas toujours leurs exploits, mais au terme de leur action pourtant, ces héroïnes sont souvent félicitées… Au bout du compte, la société leur doit une fière chandelle, sachant que ce qui semble légitime aujourd’hui, paraissait quelque fois impensable au siècle dernier.