Eric Emmanuel Schmitt

 

Journal d’un amour perdu (2019)

 

Ce livre prend la forme d’un journal que l’auteur aurait écrit pendant les deux années qui ont suivi le décès de sa mère. Réceptif ou pas, le lecteur est souvent limité à ses propres états d’âme pour apprécier un texte. Je ne prétends pas que tous les obstacles s’évaporent à la lecture de cet ouvrage, mais il parle infiniment à celui qui cherche. L’auteur emploie suffisamment de termes, d’images, de métaphores, qu’il donne par le biais de ce livre de nombreuses réponses aux questions restées en suspens : il constitue, si nécessaire, une avancé pour chacun d’entre nous. B. Cyrulnik propose et encourage l’écriture pour soi, mais ici E.E.S. me semble exprimer son chagrin dans l’universel. C’est à mon sens ce qui donne tellement de poids aux mots. Et ce poids « décharge » le lecteur de ce qui fait obstacle à son propre cheminement, il y trouve la clarté nécessaire. Avec les descriptions si crues de son état très altéré, E.E.S. dépeint le trouble, le chagrin, le vide sans jamais aborder de thèmes religieux. Il a simplement exposé un état difficile sans fioriture et beaucoup d’intelligence. Son livre devient donc une formidable bouffée de mieux être.

 

Françoise Giroud

Lou, histoire d’une femme libre (2004)

 

Le lecteur se souvient des penchants de Nietzsche pour une femme indépendante et singulière ; il était finalement malheureux de n’avoir pu s’en faire aimer. (Et Nietzsche a pleuré de Irvin Yalom). Cette femme que l’on retrouve ici avec plaisir n’est pourtant pas la femme légère que l’on pourrait soupçonner. Elle est sans aucun doute, un exemple d’émancipation à la fin du XIX° siècle et l’auteur évoque ici son invraisemblable comportement face aux hommes. Cette personnalité de femme « avant-gardiste » assez remarquable dans l’univers qu’elle traverse en maîtresse absolue offre au lecteur un portrait plaisant, grâce à la magnifique plume de Françoise Giroud.

Serge Joncour

 

 Chien-Loup (2019)

 

 Cet ouvrage nous transporte dans un monde qui s’impose comme la transition entre deux époques. Un couple prend quelques vacances dans un univers qui le dépayse en totalité : il passe sans préavis du monde mouvementé du cinéma, au silence total d’une campagne perdue qui fut autrefois le théâtre d’un épisode de guerre. Le mari se retrouve livré au présent tumultueux de son temps, mais comme sous l’influence d’une immense folie passée… Le suspense est parfaitement dosé, juste comme il faut pour que le lecteur poursuive avec intérêt et inquiétude le roman ! Si le dénouement surprend parfois, il reste vraisemblable et bienvenu. L’atmosphère rendue un peu lourde par des passages ambigus, reste un régal de lecture parce qu’en totalité, elle ne génère jamais de vraie peur.