Dominique Lapierre

Un arc en ciel dans la nuit (2008) 

 

Nous sommes à la naissance de l’Afrique du sud, au XVII° siècle. Le territoire est vierge de population blanche, de colonisation et du régime de l’apartheid. Le lecteur est plongé dans l’histoire invraisemblable d’un pays volé à son peuple et d’une mise à l’écart de plusieurs générations. L’Histoire est largement connue mais elle a perduré bien longtemps et il a fallu les refus émanant de populations nombreuses pour en considérer l’abus flagrant. Tous les débats soulevés à propos de cet outrage sont aujourd’hui admis et reconnus, mais il semble que d’autres peuples ont été décimés eux aussi pour des raisons semblables, comme ceux du continent américain parmi les indiens par exemple. Cet ouvrage est culpabilisant à bien des égards, mais les révélations qu’y glane le lecteur servent fréquemment à rétablir le bon sens et l’équité au cours des débats qu’il suscite.

 

Dominique Bona 

 Romain Gary

 

Cette excellente biographe entraîne le lecteur sur les pas d’un homme aux mille facettes. Intéressant dans des domaines très variés, il attache par sa volonté, son déterminisme et sa personnalité séduisante, mais agace parfois par un entêtement dû à un orgueil assez phénoménal et à un complexe de supériorité flagrant. La vie de ce romancier est suffisamment variée dans les fonctions qu’il occupe pour donner à l’ouvrage un intérêt immense grâce à la diversité des situations décrites par l’auteur et vécues par Romain Gary… Le personnage est successivement officier, homme politique, comédien, romancier ; il est aussi séducteur parce qu’il aime toutes les femmes, amoureux transi quand il n’en aime qu’une, roublard quand il cherche à dominer, mais intègre dans ses engagements. Il m’a semblé passionnant à découvrir, il a dû être épuisant à fréquenter !

Philippe Labro

Ma mère, cette inconnue (2017) 

 

Au contraire des écrits mémoriels, celui-ci n’est pas une thérapie. L’écrivain raconte sa mère effectivement, mais sans excès d’émotion, et toujours avec le verbe du romancier, plus que celui du fils. Pour autant bien sûr, l’amour gonfle chaque page, mais sans le laisser aller d’une sensibilité atteinte. Le lecteur rejoint l’écrivain dans son enquête avec plus de réalisme, puisqu’il n’y met pas tout son cœur. Mais Philippe Labro a su témoigner de la dignité d’une femme, aussi celle d’une mère, de la noblesse de son comportement devant l’adversité, et d’une capacité de résilience peu banale. A l’inverse de nombreux récits autobiographiques, celui-là reste vrai parce qu’il n’affiche pas de sensiblerie ostentatoire, mais bien la poésie qui habite toujours la plume de cet auteur. J’ai tendance à beaucoup apprécier la sobriété du récit de cette quête.