Didier van Cauwelaert

La bienveillance est une arme absolue (2020) 

 

 Pendant une bonne moitié de l’ouvrage, D. van C. se dévoile par le biais d’anecdotes amusantes qui ne démentent pas le titre du livre, l’alimentent et le rendent fort sympathique ! Il n’y a pas là de roman à thème, comme nous pouvions l’attendre de cet écrivain. L’auteur nous fait par la suite, un cours magistral bien documenté, mais dont les liens avec la bienveillance semblent assez tirés par les cheveux, parfois même exagérés… L’auteur est rayonnant, tout rempli du charme de son sourire et son livre est attachant à l’image de ce charme… Mais finalement sans beaucoup d’épaisseur ! D’aucuns vont penser que j’ai tort d’écrire ça et je conçois franchement pouvoir être dans l’erreur… mais je ne change pas d’avis pour autant ! J’ai simplement regretté ses bons romans avec la réflexion qu’il y glisse dans le but d’amener le lecteur à consentir un échange, à lui faire part de sa position, au moins à proposer une « rencontre » où l’imagination tient une place prépondérante et attendue.

 

Sophie des Déserts

 

 Le dernier roi soleil  (2018)

 

 

       Jean d’Ormesson a fait preuve de tant de charme qu’on s’y est attaché et de tant de culture qu’on s’y est volontiers noyé. Cette lecture approche l’homme, le cabotin, l’indiscipliné… bref, rien de commun avec l’écrivain que l’on a côtoyé avec tant d’admiration ! Le filou se révèle bientôt menteur et plaisantin ; bien souvent, il s’est aussi servi du simulacre pour masquer l’indifférence ou l’ennui. Il a pu se permettre beaucoup de distractions joyeuses parce qu’il a su offrir autant de raffinement à son public. Une chose reste assez décevante cependant, c’est ce manque de respect humain dont il a fait preuve si facilement ! 

Florent Oiseau

Les Magnolias  (2020)

 

Un jeune homme s’est détourné de sa famille. A part une grande amitié pour un copain de son âge, aucun intérêt ne gouverne réellement sa vie si ce n’est l’affection qui le lie à sa grand-mère installée en maison de retraite ; un rayon de soleil va fournir au lecteur une dimension forte qui donne sens à cette « parabole ». Le milieu des protagonistes est misérable ou douloureux, mais sans jamais un mot triste ou une attitude défaitiste. L’auteur y introduit même un humour certain, plutôt noir, percutant, acerbe, sans aucune toxicité. L’esprit n’est pas agressif, dépourvu de toute méchanceté, rempli de compassion et d’une véritable émotion. Si l’environnement culturel est pauvre, les sentiments décrits restent nobles et quand l’intellect a souffert de frustrations importantes, l’esprit de chacun demeure sain. L’écriture est rapide, claire, syncopée : le lecteur se régale d’un texte séduisant. J’ai trouvé ce livre original, assez inhabituel, agréablement écrit, excellent !